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Journée des chefs : la restauration scolaire en pleine ébullition

Réunis le 13 avril à l’initiative de la Région des Pays de la Loire, une centaine de chefs de lycées ont partagé savoir-faire, défis et ambitions. Entre compétition, transmission et échanges, l’événement confirme son rôle moteur pour la restauration collective ligérienne.

Ils étaient près d’une centaine, venus de tout le territoire, tablier blanc et passion chevillée au corps, réunis pour la Journée des chefs. À l’Hôtel de Région, la deuxième édition de la Journée des chefs a réuni les responsables de restauration des lycées publics autour d’un objectif clair : valoriser leur métier et stimuler l’innovation dans les cuisines scolaires.

Une battle pour révéler les talents

Point d’orgue de la matinée, une battle culinaire entre trois binômes. Deux heures pour imaginer un plat à partir de produits locaux imposés, avec un budget serré par personne, une contrainte bien connue des professionnels. Benoît Bobinet et Gaëtane Boutelier, du lycée Rosa Parks à La Roche-sur-Yon, ont remporté l’épreuve avec leur "filet mignon forestier, twist d’orange et pancake vendéen". Un clin d’œil à leur quotidien : « On sert 1 000 repas le midi et 250 le soir », rappellent-ils, soulignant l’ampleur de leur mission.

De la vraie cuisine

Participer à ce concours, c’est aussi sortir du rythme habituel : « Là, on a pu prendre le temps de cuisiner, de se parler, de challenger nos techniques, et d’écouter les conseils d’un grand Chef », confient Benoît et Gaëtane. Une respiration précieuse dans un métier où la production n’oublie pas nécessairement l’audace et l’innovation. Pour Damien Méa, candidat nantais, l’enjeu est aussi de changer les regards : « On est des vrais cuisiniers, on ne fait pas que des raviolis ou des carottes râpées. » Une affirmation qui résonne avec l’évolution du secteur : « Ces dernières années, la cantine, c’est devenu de la vraie cuisine. »

Transmission et inspiration avec Samuel Albert

Autre temps fort : la master class du chef angevin, parrain de l’opération Ici, on cuisine !. Devant ses pairs, il revisite un classique des cantines, le cordon bleu, démontrant qu’un menu scolaire peut être à la fois équilibré, gourmand et économiquement viable.

Au-delà de la technique, c’est une vision qu’il transmet : celle d’une cuisine accessible, exigeante et ancrée dans son territoire. Une approche qui trouve un écho direct chez les participants, confrontés au quotidien à des contraintes budgétaires fortes – « autour de deux à trois euros par assiette », et dans un contexte d’inflation des matières premières.

Créer du lien, penser l’avenir

L’après-midi a prolongé cette dynamique avec une table ronde dédiée au rapprochement entre chefs et filières locales. Producteurs et cuisiniers ont échangé autour d’un enjeu clé : renforcer l’approvisionnement de proximité. « Nos chefs possèdent des compétences remarquables qu’il convient de mettre en lumière », souligne André Martin, vice-président de la Région en charge des lycées. « Cette journée crée une dynamique d’excellence dans nos établissements. » 
Même ambition du côté agricole : « On souhaite atteindre les 100 % de produits locaux », rappelle Lydie Bernard, vice-présente en charge de l’agriculture. Une trajectoire déjà engagée, alors que la loi Egalim impose 50 % de produits de qualité, dont 20 % bio. 
Pour les chefs, l’événement dépasse la simple rencontre. Il devient un espace d’échange entre pairs, mais aussi un levier pour faire évoluer les pratiques. « En collectivité, on est concentrés sur le volume […] mais ici, on partage, on apprend », résume un participant.

Avec 9,3 millions de repas servis chaque année dans ses 116 lycées, la Région des Pays de la Loire pilote un service de restauration d’ampleur. À travers cette Journée des chefs, elle mise sur celles et ceux qui, chaque jour, réinventent la cantine. Entre contraintes et créativité, une conviction s’impose : la restauration scolaire est plus que jamais une cuisine d’avenir.